Je me suis pris en pleine figure un gros bol d’émotions, au point de parfois frôler l’overdose et de devoir m’interrompre pour reprendre mon souffle. J’ai donc d’abord lu lentement, petit à petit, ce qui me permettait de mieux savourer et de mieux retrouver les personnages de Musiques de la Frontière, et en particulier de « Vado Mori ». J’ai lu lentement, au début. Le temps pour l’auteur de poser l’univers et les personnages, de telle sorte que les lecteurs qui les découvrent ne soient pas désorientés – et pourtant sans redites, pour ceux qui connaissent déjà les fays. Le temps pour moi de retrouver mes marques. Une fois plongée dans l’histoire, je l’ai dévorée, tout en dégustant les détails, l’écriture, l’ambiance, à la fois les mêmes et qui ont évolué, et le background qui s’est enrichi – ou du moins sa présentation.

 

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C’est une histoire d’amour, oui. Entre un homme et une femme, mais aussi entre frères et sœurs, entre parents et enfants ou entre frères de cœur. Une histoire d’amitié, aussi, de loyauté, de confiance trahie et pourtant… Et puis c’est un thriller, une action rythmée, parfois lente et parfois tambour battant, menée par de nombreux dialogues, mais aussi évocatrice d’images fortes – à tel point que j’avais envie de voir le film tiré du bouquin, ou la série TV, dans le genre Prison Break.

Et puis ce thème de l’identité partout présent – ou bien est-ce que je l’ai trop lu à travers le filtre de la révérence qui m’est tirée ? c’est bien possible – ne pouvait que m’emballer ; et de fait, je sentais parfois mon cœur s’emballer à la lecture de certains passages. 

L’intrigue complète « Vado Mori », l’étend, raconte dans le même temps l’avant et l’après (sans pour autant se répéter) et l’inscrit dans un cadre bien plus vaste, reliant le Dit de Frontier, dans lequel Possession Point s’inscrit pleinement, aux autres cycles de Léa Silhol : en particulier à Vertigen (La Sève et le Givre, La Glace et la Nuit, Avant l’Hiver), bien sûr, mais aussi aux Contes de la Tisseuse (qui viennent d’être réédités, toujours chez Nitchevo Factory, en deux versions dont l’une me fait de l’œil parce qu’elle contient une suite de textes inédits), et même, et même, à « Désaccordé (Tuned in DAGDAD) » que j’ai eu le plaisir de publier dans De Brocéliande en Avalon. Et ce petit clin d’œil (du moins l’ai-je pris comme tel, dans mon égocentrisme de lectrice) était fort agréable.

Tout comme il était fort agréable, à la lecture, de retrouver la police de caractères et la mise en page des éditions de l’Oxymore, qui ont toujours plu à mes yeux difficiles.

Et une fois Possession Point fini, de me replonger dans Musiques de la Frontière pour ne pas quitter trop vite Anis, Jay, Fallen et les autres…